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Série « Fiches réseau » · partie 5 / 12

Fiche : le NAT (traduction d’adresses)

Comment un routeur permet à tout un réseau privé de sortir sur Internet avec une seule adresse publique : NAT statique, NAT dynamique et PAT, redirection de port.

Réseau✎ B. Jousseaume📅 21 octobre 2026 · mis à jour le 21 octobre 2026📶 Débutant

Pourquoi traduire des adresses ?

Les adresses IPv4 publiques sont rares, alors qu’une entreprise ou un foyer compte des dizaines d’équipements. Ces équipements reçoivent donc des adresses privées (10.0.0.0/8, 172.16.0.0/12, 192.168.0.0/16), réutilisables partout mais non routées sur Internet. Pour qu’ils puissent malgré tout dialoguer avec Internet, le routeur de sortie (box, pare-feu) remplace dans chaque paquet l’adresse privée par une adresse publique, et fait l’opération inverse sur les réponses : c’est la traduction d’adresses, ou NAT (Network Address Translation).

Pour savoir à quel poste rendre chaque réponse, le routeur tient une table de traduction.

NAT statique : une adresse pour une adresse

Chaque adresse interne est associée en permanence à sa propre adresse publique. La traduction fonctionne dans les deux sens : la machine interne peut sortir, et elle est joignable depuis Internet à son adresse publique.

Adresse interneAdresse publique associée
10.0.0.10203.0.113.10
10.0.0.11203.0.113.11

Il faut autant d’adresses publiques que de machines concernées : on le réserve à quelques serveurs qui doivent être joignables, par exemple en DMZ.

NAT dynamique et PAT : une adresse pour tous

Le plus souvent, toutes les machines du réseau partagent une seule adresse publique. Pour distinguer leurs connexions, le routeur traduit aussi le port source : c’est le PAT (Port Address Translation), appelé aussi masquerading sous Linux ou NAT overload chez Cisco. C’est ce que fait la box d’un foyer.

Adresse et port internesAdresse et port après traductionProtocole
192.168.1.20 : 51000203.0.113.80 : 40001TCP
192.168.1.20 : 51001203.0.113.80 : 40002TCP
192.168.1.35 : 51000203.0.113.80 : 40003TCP

Quand une réponse revient vers 203.0.113.80 : 40003, la table indique au routeur qu’elle est destinée à 192.168.1.35 : 51000.

La redirection de port

Pour publier un service interne, on ajoute une règle permanente (DNAT) : tout ce qui arrive sur un port de l’adresse publique est envoyé vers une machine et un port internes.

Arrive surRedirigé versProtocole
203.0.113.80 : 443192.168.1.50 : 443TCP
203.0.113.80 : 8080192.168.1.51 : 80TCP

Seule l’adresse de destination est traduite : le serveur interne voit l’adresse publique du client comme adresse source.

Et en IPv6 ?

IPv6 dispose d’assez d’adresses pour que chaque équipement ait une adresse publique : le NAT n’y est pas nécessaire et l’IETF le déconseille. La protection repose alors entièrement sur le pare-feu, qui doit bloquer par défaut les connexions entrantes non sollicitées, comme le faisait implicitement le NAT.

© 2026 Bruno Jousseaume. Ce cours est publié sous licence CC BY-NC-SA 4.0 : vous pouvez le partager et l’adapter en citant l’auteur et un lien vers cette page, sans usage commercial, et en partageant vos adaptations sous la même licence.

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