À quoi sert le DNS ?
Les machines communiquent avec des adresses IP, les humains préfèrent des noms. Le DNS (Domain Name System) est l’annuaire distribué d’Internet : il traduit un nom en adresse IP, et inversement. Il est défini par les RFC 1034 et 1035 (1987), qui ont remplacé les premières RFC de 1983.
Le DNS utilise surtout UDP, port 53, pour des questions et réponses courtes. Il passe en TCP, port 53 pour les réponses trop volumineuses et pour les transferts de zone entre serveurs.
Une arborescence de noms
Les noms forment un arbre qui se lit de droite à gauche :
- tout en haut, la racine, notée par un point final ;
- en dessous, les domaines de premier niveau (TLD) : génériques (
.org,.com,.net) ou nationaux (.fr,.be,.ch) ; - puis les domaines (
debian.org), qui peuvent avoir des sous-domaines (lists.debian.org) ; - enfin, les noms de machines ou de services (
www.debian.org).
Chaque niveau peut déléguer la gestion d’une partie de l’arbre à d’autres serveurs : l’AFNIC gère .fr, qui délègue exemple.fr aux serveurs choisis par son propriétaire, et ainsi de suite. Aucun serveur ne connaît tout, mais chacun sait à qui renvoyer la question.
Les principaux enregistrements
Une zone DNS contient des enregistrements (Resource Records) de différents types :
| Type | Rôle | Exemple |
|---|---|---|
| A | Nom → adresse IPv4 | www A 192.0.2.80 |
| AAAA | Nom → adresse IPv6 | www AAAA 2001:db8::80 |
| CNAME | Alias : ce nom est un autre nom | intranet CNAME srv-web01 |
| MX | Serveur(s) de messagerie du domaine, avec une priorité | @ MX 10 mail |
| NS | Serveurs faisant autorité pour la zone | @ NS ns1 |
| PTR | Adresse → nom (résolution inverse) | 80 PTR www.exemple.fr. |
| TXT | Texte libre : SPF, DKIM, preuve de propriété d’un domaine… | @ TXT "v=spf1 mx -all" |
| SRV | Emplacement d’un service (Active Directory s’en sert pour trouver les contrôleurs de domaine) | _ldap._tcp SRV 0 100 389 dc1 |
Le parcours d’une résolution
Un poste ne parcourt pas l’arbre lui-même : il pose la question à un serveur récursif (le DNS interne de l’entreprise, celui de la box…), qui fait le travail pour lui.
| Étape | Question posée | Qui répond |
|---|---|---|
| 1 | « Quelle est l’adresse de www.debian.org ? » | Le poste interroge son serveur récursif |
| 2 | « Qui gère .org ? » | Un serveur racine donne la liste des serveurs de .org |
| 3 | « Qui gère debian.org ? » | Un serveur de .org donne la liste des serveurs de debian.org |
| 4 | « Quelle est l’adresse de www.debian.org ? » | Un serveur faisant autorité pour debian.org donne la réponse |
| 5 | Le serveur récursif transmet la réponse au poste et la garde en cache |
| Notion | Définition |
|---|---|
| Serveur récursif (résolveur) | Cherche la réponse pour le compte du client et la conserve en cache pendant une durée fixée par l’enregistrement (le TTL) |
| Serveur faisant autorité | Détient la zone et répond à partir de ses propres données |
| Serveurs racine | Point de départ de toute recherche : 13 noms, de a.root-servers.net à m.root-servers.net, chacun répliqué en de nombreux points du monde |
Une réponse venue du cache est signalée comme « non faisant autorité » (non-authoritative answer) par nslookup.
Observer une résolution
$ dig www.debian.org # réponse détaillée (section ANSWER, TTL, serveur interrogé)
$ dig +short www.debian.org # uniquement les adresses
$ dig +trace www.debian.org # parcours complet : racine → .org → debian.org
$ dig debian.org MX # un type d'enregistrement précis
$ dig -x 9.9.9.9 # résolution inverse (PTR)
$ nslookup www.debian.org # disponible aussi sous Windows
Sous Windows, PowerShell propose Resolve-DnsName www.debian.org, et ipconfig /displaydns affiche le cache local.
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