Qu’est-ce qu’un recettage ?
Le recettage (ou recette) est la phase de vérification formelle qui permet de s’assurer qu’une installation, une configuration ou une application fonctionne conformément à ce qui était attendu, avant de la déclarer opérationnelle, de la mettre en production ou de la livrer.
Il ne s’agit pas de « constater que ça a l’air de marcher », mais de démontrer, test par test et preuves à l’appui, que chaque exigence du cahier des charges est satisfaite. Le recettage se conclut par une décision : on accepte l’installation (avec ou sans réserves) ou on la refuse.
Vocabulaire essentiel
| Terme | Signification |
|---|---|
| Cahier des charges | Document qui exprime le besoin et les exigences : c’est la référence à partir de laquelle on définit ce qui doit être vérifié. |
| Cahier de recette | Ensemble organisé des tests à réaliser, avec pour chacun la procédure et le résultat attendu. |
| Cas de test / fiche de test | Description d’un test précis : objectif, prérequis, actions, résultat attendu, résultat obtenu, preuve, statut. |
| Preuve | Élément qui atteste du résultat obtenu : capture d’écran explicitée, sortie de commande, extrait de journal, fichier exporté… |
| Anomalie | Écart constaté entre le résultat attendu et le résultat obtenu. Elle est décrite, qualifiée (bloquante, majeure, mineure) et suivie jusqu’à sa correction. |
| Non-régression | Vérification qu’une correction ou une modification n’a pas dégradé ce qui fonctionnait déjà. |
| Réserve | Anomalie non bloquante acceptée provisoirement, avec engagement de correction dans un délai fixé. |
| PV de recette | Procès-verbal qui acte officiellement la décision : recette prononcée sans réserve, avec réserves, ou refusée. |
Pourquoi faire un recettage ?
Le recettage est souvent perçu comme une formalité. C’est pourtant lui qui transforme une installation « qui semble marcher » en une installation validée, documentée et défendable.
| Intérêt | Explication |
|---|---|
| Prouver plutôt qu’affirmer | Chaque exigence est vérifiée et accompagnée d’une preuve. On ne se contente plus d’un « c’est fait ». |
| Détecter les défauts tôt | Une erreur trouvée avant la mise en production coûte beaucoup moins cher qu’un incident chez les utilisateurs. |
| Assurer la traçabilité | On sait ce qui a été testé, quand, par qui, dans quelle version et avec quel résultat. |
| Sécuriser la relation client | Le PV de recette formalise la livraison : il protège le prestataire comme le client en cas de litige. |
| Faciliter la maintenance | Le cahier de recette sert de référence pour les tests de non-régression lors des évolutions futures. |
| Valoriser les compétences | En BTS SIO, un recettage bien mené est une excellente preuve de compétences pour le portfolio et les épreuves professionnelles. |
Les différents types de tests
Un recettage complet combine plusieurs familles de tests. Toutes ne sont pas nécessaires à chaque fois : on les choisit en fonction de ce qui est livré.
| Type de test | Question posée | Exemples |
|---|---|---|
| Fonctionnel | Le service rend-il le service attendu ? | Un poste obtient une adresse DHCP ; un utilisateur se connecte à l’application. |
| Configuration | Les paramètres appliqués sont-ils ceux prévus ? | Plage DHCP, options DNS, version installée, nom d’hôte, fuseau horaire. |
| Sécurité | L’installation est-elle correctement protégée ? | Comptes par défaut désactivés, ports ouverts limités, droits minimaux, journalisation active. |
| Droits et accès | Chacun accède-t-il uniquement à ce qui le concerne ? | Un utilisateur standard ne peut pas modifier un partage réservé aux administrateurs. |
| Non-régression | Ce qui marchait marche-t-il toujours ? | Après une mise à jour, les services précédemment validés sont re-testés. |
| Robustesse / reprise | Le système résiste-t-il à un incident ? | Redémarrage d’un serveur, bascule HA, restauration d’une sauvegarde. |
| Performance | Les temps de réponse sont-ils acceptables ? | Temps d’ouverture d’une page, débit d’un transfert, charge processeur. |
Mettre en place un recettage, étape par étape
Étape 1 : partir du besoin
Relire le cahier des charges (ou le sujet du TP) et lister les exigences vérifiables. Une exigence floue (« le réseau doit bien marcher ») doit être reformulée en critère mesurable (« un poste du VLAN 10 joint le serveur web en moins de 2 secondes »).
Étape 2 : rédiger le cahier de recette
Pour chaque exigence, rédiger une ou plusieurs fiches de test : objectif, prérequis, procédure détaillée, résultat attendu écrit avant le test. Cette rédaction en amont évite d’adapter le résultat attendu à ce que l’on observe.
Étape 3 : préparer l’environnement
- Identifier les machines, les comptes de test et les outils nécessaires.
- Noter les versions installées et l’état initial (instantané de VM conseillé).
- Utiliser des comptes de test dédiés plutôt que des comptes administrateurs réels.
Étape 4 : exécuter les tests et collecter les preuves
Dérouler les tests dans l’ordre prévu, sans improviser. Pour chacun, renseigner le résultat obtenu et produire la preuve correspondante (capture explicitée, sortie de commande). Si un test échoue, on le note tel quel : une anomalie documentée a plus de valeur qu’un test « arrangé ».
Étape 5 : analyser et qualifier les anomalies
| Gravité | Définition | Conséquence |
|---|---|---|
| Bloquante | Empêche l’utilisation du service ou crée un risque de sécurité important. | Recette refusée tant que non corrigée. |
| Majeure | Dégrade fortement le service, mais un contournement existe. | Correction avant mise en production, ou réserve encadrée. |
| Mineure | Gêne limitée, sans impact sur l’usage principal. | Peut être acceptée en réserve. |
Étape 6 : corriger et re-tester
Après chaque correction, rejouer le test concerné puis les tests de non-régression liés. Conserver la trace des deux passages (avant et après correction).
Étape 7 : conclure par un procès-verbal
Le PV de recette synthétise les résultats et formalise la décision. Il est daté et signé par le testeur et par la personne qui valide (client, responsable, enseignant).
Les captures d’écran explicitées
La capture d’écran est la preuve que le test a été réalisé et qu’il a donné le résultat annoncé. Mais une capture seule ne démontre rien si le lecteur ne sait pas ce qu’il doit y voir. Elle doit donc toujours être explicitée.
Les quatre éléments d’une capture explicitée
| Élément | Contenu attendu |
|---|---|
| Contexte | Sur quelle machine, avec quel compte, dans quel outil. Le nom d’hôte, l’invite de commande ou la barre de titre doivent être visibles. |
| Action | La commande saisie, le menu ouvert ou l’opération effectuée. |
| Zone à observer | Le passage précis qui prouve le résultat, mis en évidence (encadré, flèche, surlignage). |
| Interprétation | Une ou deux phrases qui expliquent pourquoi ce résultat est conforme (ou non) au résultat attendu. |
Bonnes pratiques
- Recadrer la capture sur la zone utile, tout en gardant le contexte (nom de machine, utilisateur).
- Numéroter chaque capture et y faire référence dans la fiche de test (« voir capture 4 »).
- Privilégier la sortie texte d’une commande lorsqu’elle est plus lisible qu’une image.
- Une capture = une preuve. Éviter les captures d’écran entier sans mise en évidence.
Exemple
Test : vérifier que le serveur DNS résout le nom du serveur de fichiers depuis un poste client.
PS C:\Users\test.user> nslookup srv-fichiers.entreprise.local
Serveur : srv-dc01.entreprise.local
Address: 192.168.10.10
Nom : srv-fichiers.entreprise.local
Address: 192.168.10.20
Modèles à utiliser et à adapter
Les modèles ci-dessous sont proposés à titre indicatif. Ils peuvent être copiés autant de fois que nécessaire et adaptés : ajout de rubriques, regroupement de tests, simplification pour un petit TP ou enrichissement pour un projet complet. Ils figurent aussi, prêts à imprimer, dans le livret PDF.
Modèle 1 : identification du recettage
| Rubrique | À renseigner |
|---|---|
| Projet / installation | Ex. : mise en place du service DHCP du site principal |
| Référence du besoin | Cahier des charges, sujet de TP, ticket… |
| Environnement | Machines, systèmes, versions, réseau de test |
| Testeur(s) | |
| Valideur | Client, responsable, enseignant |
| Date(s) de la recette | |
| Version du document |
Modèle 2 : fiche de test
| Fiche de test n° ___ | |
|---|---|
| Exigence couverte | Référence de l’exigence du cahier des charges |
| Objectif du test | Ce que l’on cherche à démontrer |
| Type de test | Fonctionnel / configuration / sécurité / droits / non-régression / robustesse |
| Prérequis | État de départ, comptes, machines nécessaires |
| Procédure | 1. … 2. … 3. … |
| Résultat attendu | À rédiger AVANT l’exécution |
| Résultat obtenu | |
| Preuve(s) | Capture(s) n° … / sortie de commande / journal |
| Statut | ☐ Conforme ☐ Non conforme ☐ Conforme avec réserve |
| Anomalie / commentaire | Description, gravité (bloquante / majeure / mineure) |
| Re-test après correction | Date : …… Résultat : ☐ Conforme ☐ Non conforme |
Modèle 3 : capture explicitée
| Capture n° ___ (liée à la fiche de test n° ___) | |
|---|---|
| Contexte | Machine, compte utilisé, outil |
| Action réalisée | Commande, menu, opération |
| Capture | Insérer la capture ici : recadrée, zone utile encadrée |
| Zone à observer | Ce que le lecteur doit regarder |
| Interprétation | Pourquoi le résultat est conforme ou non |
| Données masquées | ☐ Aucune donnée sensible ☐ Oui, masquées : …… |
Modèle 4 : tableau de synthèse
| N° | Test | Statut | Anomalie / réserve | Re-test |
|---|---|---|---|---|
| 1 | ||||
| 2 | ||||
| 3 | ||||
| … |
Modèle 5 : procès-verbal de recette
| Procès-verbal de recette | |
|---|---|
| Projet / installation | |
| Bilan des tests | …… tests réalisés : …… conformes, …… non conformes, …… avec réserve |
| Décision | ☐ Recette prononcée sans réserve ☐ Recette prononcée avec réserves ☐ Recette refusée |
| Réserves éventuelles | Description et délai de levée |
| Testeur | Nom, date, signature |
| Valideur | Nom, date, signature |
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