Ces outils servent dans la série Cybersécurité : réflexion et pratique sur VM et dans ses exercices supplémentaires.
1. Outils Linux (VM Debian)
John the Ripper — casseur de mots de passe
À quoi ça sert : retrouver les mots de passe faibles à partir de leurs empreintes (hash).
Il essaie des millions de candidats (listes de mots, règles de mutation, force brute) et compare leur empreinte à celle du compte. Un mot de passe faible tombe en quelques secondes ; une phrase de passe longue résiste. L’utilitaire unshadow fusionne au préalable /etc/passwd et /etc/shadow. Usage pédagogique : auditer la robustesse de ses propres comptes.
sudo apt install john
john --wordlist=/usr/share/john/password.lst empreintes.txt
nmap — scanner réseau
À quoi ça sert : découvrir les hôtes, les ports ouverts et les services exposés.
Il envoie des paquets ciblés et déduit, des réponses, quels ports sont ouverts et quels services (et versions) tournent derrière. C’est l’outil de référence pour cartographier une machine… et donc le premier réflexe d’un attaquant : savoir ce qu’il révèle de vos VM aide à réduire leur surface d’attaque. Voir aussi Nmap : cadre légal et premiers scans.
sudo apt install nmap
sudo nmap -sS <ip-cible>
tcpdump — capture de paquets
À quoi ça sert : observer en direct le trafic réseau qui entre et sort d’une interface.
Il affiche les paquets bruts (qui parle à qui, sur quel port, avec quels drapeaux). On l’utilise pour constater une poignée de main TCP, repérer un scan, ou vérifier qu’un protocole chiffré ne laisse rien fuir en clair. Léger, sans interface graphique, idéal en ligne de commande sur un serveur.
sudo apt install tcpdump
sudo tcpdump -n -i any 'tcp port 22'
fail2ban — bannissement automatique
À quoi ça sert : bloquer les adresses IP qui multiplient les échecs de connexion.
Il surveille les journaux (SSH, par exemple) et, au-delà d’un nombre d’échecs fixé, bannit l’IP fautive au pare-feu pour une durée donnée. C’est la parade automatisée contre la force brute. Attention aux IP partagées (une salle entière derrière une même sortie) : on exclut le réseau d’administration (ignoreip).
sudo apt install fail2ban
sudo fail2ban-client status sshd
ufw — pare-feu local simplifié
À quoi ça sert : contrôler simplement quels flux entrent et sortent d’une machine.
C’est une façade conviviale du pare-feu du noyau (nftables/iptables). On définit une politique « tout fermé sauf le nécessaire » en quelques commandes lisibles. La variante limit ralentit en plus les connexions trop fréquentes, utile contre la force brute.
sudo apt install ufw
sudo ufw default deny incoming && sudo ufw limit 22/tcp && sudo ufw enable
libpam-pwquality — qualité des mots de passe
À quoi ça sert : imposer une politique de mots de passe (longueur, variété, historique).
C’est un module PAM : il s’intercale lors du changement de mot de passe et refuse ceux qui ne respectent pas les règles définies dans /etc/security/pwquality.conf (par exemple 12 caractères minimum). Il applique concrètement le principe « longueur avant complexité ».
sudo apt install libpam-pwquality
sudoedit /etc/security/pwquality.conf # minlen = 12
lynis — audit de durcissement
À quoi ça sert : mesurer le niveau de durcissement d’un système et suggérer des améliorations.
Il passe en revue des centaines de points de configuration et renvoie un Hardening index accompagné de suggestions concrètes. On l’utilise pour objectiver un « avant / après » durcissement. Le score est un indicateur de progression, pas une note à atteindre à 100.
sudo apt install lynis
sudo lynis audit system
unattended-upgrades — mises à jour automatiques
À quoi ça sert : appliquer automatiquement les mises à jour, notamment de sécurité.
Il installe en tâche de fond les correctifs (par défaut, ceux de sécurité), réduisant la fenêtre d’exposition aux failles connues. À encadrer sur un serveur de production (fenêtre de maintenance, test préalable) pour éviter une régression ou un redémarrage inopportun.
sudo apt install unattended-upgrades
sudo dpkg-reconfigure -plow unattended-upgrades
2. Outils Windows (VM)
Module Active Directory pour PowerShell (RSAT)
À quoi ça sert : interroger et administrer l’annuaire AD en ligne de commande (cmdlets *-AD*).
Il fournit les commandes Get-ADUser, Search-ADAccount, Get-ADGroupMember… utilisées pour auditer les comptes. Il est déjà présent sur un contrôleur de domaine ; sur un poste d’administration, on l’ajoute via les outils RSAT.
Add-WindowsCapability -Online `
-Name Rsat.ActiveDirectory.DS-LDS.Tools~~~~0.0.1.0
Fichier de test EICAR
À quoi ça sert : vérifier qu’un antivirus réagit, sans manipuler de vrai maliciel.
Ce n’est pas un logiciel à installer mais une chaîne de test standardisée et totalement inoffensive, que tous les antivirus reconnaissent par convention. On la dépose dans un fichier pour confirmer que Microsoft Defender détecte et réagit. La chaîne officielle est publiée sur eicar.org ; Defender doit immédiatement mettre le fichier en quarantaine.
3. Récapitulatif des installations
| Outil | Plateforme | Installation |
|---|---|---|
| John the Ripper | Debian | sudo apt install john |
| nmap | Debian | sudo apt install nmap |
| tcpdump | Debian | sudo apt install tcpdump |
| fail2ban | Debian | sudo apt install fail2ban |
| ufw | Debian | sudo apt install ufw |
| libpam-pwquality | Debian | sudo apt install libpam-pwquality |
| lynis | Debian | sudo apt install lynis |
| unattended-upgrades | Debian | sudo apt install unattended-upgrades |
| Module AD (RSAT) | Windows | Add-WindowsCapability (ou présent sur un DC) |
| Fichier EICAR | Windows | Téléchargement depuis eicar.org (pas d’installation) |
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